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La
ressource mondiale de pétrole est estimée à
140 milliard de TEP (tonnes équivalent pétrole),
ce
qui correspond à
40 ans de notre consommation actuelle.
Vers la pétro-apocalyse
Dans
quelques années, la production mondiale de pétrole
conventionnel déclinera tandis que la demande
mondiale
ne cesse de croître. Le choc résultant de
cette famine pétrolière structurelle est inévitable,
tant
sont
importantes la dépendance de nos économies
au pétrole bon
marché et l'impossibilité concomitante
de
les en sevrer rapidement.
Nous
pouvons seulement espérer amortir ce choc, à condition
que cette perspective proche devienne dès
aujourd'hui
le repère unique d'une mobilisation générale
de nos sociétés, imposant des conséquences
drastiques dans
tous les secteurs sous peine de chaos. Cette anticipation est
fondée sur la méthode du géologue américain
King Hubbert, qui avait prédit en 1956 le pic de la productiion
pétrolière domestique aux Etats-Unis pour 1970.Ce
qui fut exactement observé.
La transposition de la méthode d'Hubbert à d'autres
pays a donné des résultats prédictifs similaires:
aujourd'hui, tous les champs pétrolifères géants
- les seuls qui comptent - voient leur production décroître,
sauf dans le "triangle noir" Irak-Iran-Arabie saoudite.
Le pic d'Hubbert de ce Moyen-Orient pétrolier devrait être
atteint autour de 2010, selon la reprise plus ou moins tardive
de la pleine production irakienne et selon le taux de croissance
de la demande chinoise.
Plus
de trente ans de souci pétrolier n'ont pas desillé
les yeux des dirigeants américains et européens
sur la
crise
énergétique qui se profile à court terme.
Malgré ce que disaient René Dumont et les écologistes
dès la
campagne présidentielle de 1974, les gouvernements des
pays industrialisés ont continué et continuent à
croire au pétrole bon marché quasi inépuisable
au détrimen du climat et de la santé humaine, détraqués
par les émissions de gaz à effet de serre -plutôt
que d'organiser la décarbonisation de leurs économies.
Cependant, le choc pétrolier qui s'annonce avant la fn
de la decennie ne ressemble pas aux précédents.
Cette fois-ci, la partie n'est plus géopolitique, elle
est géologique. En 1973 et 1979, la pénurie était
d'origine politique, décidée par l'OPEP. Puis il
y eut restauration de l'offre. Aujourd'hui ce sont les puits eux-même
qui déclinent. Même si les Etats-Unis parvenaient
à imposer leur hégémonie sur tous les champs
pétroliers du monde (hors Russie), leur armée et
leur technologe ne pourront rien contre la déplétion
prochaine du pétrole conventionnel.
Il
nous reste de toute façon trop peu de temps pour remplacer
un fluide aussi bon marché à produire, aussi
énergétique,
aussi facile d'emploi, de stockage et de transport, aux utilisations
aussi multiples (domestique,
industrielle, carburant, matière première...) et
réinvestir en moins de dix ans 100 000 milliards de dollars
dans une autre source d'abondance qui n'existe pas.
Le gaz naturel? Il n'a pas de qualités susdites du pétrole
et atteindra son pic de production mondiale dix ans après
celui-ci, vers 2020. La seule voie viable est la sobriété
pétrolière immédiate organisée par
un accord international tel qu'esquissé ci-dessus, autorisant
un prompt sevrage de notre addiction à l'or noir.
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